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cas d usage Publie le Mis a jour le 10 minutes de lecture

Controle DGCCRF dans un reseau de mandataires, du courrier a la reponse

Un reseau de cent vingt agents commerciaux recoit un courrier annoncant un controle du dispositif anti blanchiment. Trois semaines separent l avis de la visite. Ce recit suit le referent jour apres jour: ce qu il sort, ce qu il ne peut pas reconstituer, ce qu il repond, et ce que le reseau a change ensuite.

Une femme accueille un visiteur muni d une sacoche dans le hall clair du siege d une enseigne immobiliere
Piece versee au dossier, cas d usage

Le courrier arrive un lundi matin au siège. Un réseau de cent vingt agents commerciaux mandataires est avisé d’un contrôle du dispositif LCB FT, avec visite sous trois semaines. Le titulaire de la carte professionnelle transaction et le référent anti blanchiment décident d’identifier ce qui sera demandé, où le trouver, et ce qui manque.

Ce récit détaille la méthode. Il s’appuie sur l’article L. 561-36 du code monétaire et financier (autorités compétentes), sur la compétence de la Commission nationale des sanctions, et sur la conservation prévue à l’article L. 561-12. Il montre, pièces à l’appui, ce que produit le dispositif dans un réseau de mandataires que le titulaire ne rencontre presque jamais.

Le courrier: ce qui est annoncé et sous quel délai

Les pièces citées dans l’avis

L’avis énumère les éléments attendus: désignation du déclarant et du correspondant Tracfin, classification des risques écrite et datée, procédures internes, échantillon de dossiers clients sur une période définie, preuve de consultation du registre des gels d’avoirs, attestations de formation continue de la loi Hoguet. Il peut aussi solliciter les modalités de conservation pendant cinq ans et le plan de contrôle interne.

La bonne réaction: figer le périmètre contrôlé, établir une feuille de route, et répartir les vérifications entre siège, agences pilotes et quelques mandataires référents. La première réunion fixe qui documente quoi et pour quand.

  • Référent: pilotage, consolidation et réponses écrites
  • Titulaire de la carte: organisation générale, délégations, preuve des formations
  • Équipe support: extractions des opérations, relances ciblées, archivage
Élément demandéOù le trouverPreuve fournie
Désignation déclarant et correspondantNote interne signée, organigrammeCopie datée, dernière version en vigueur
Classification des risquesDocument annuel, versionnéPDF daté avec notes d’application
Procédures internesManuel LCB FT de l’enseigneExtrait à jour, diffusion aux mandataires
Dossiers clients échantillonRegistre des mandats et ventesFiches de vigilance, pièces KYC, décisions
Gels d’avoirsTraçabilité des consultationsPreuves horodatées par dossier
Formations loi HoguetTableau des heures et attestationsCopies nominatives classées par année

La première réunion, le jour même

Le référent convie le titulaire de la carte, l’assistante conformité et le responsable réseau. Objectif: geler la période, valider l’échantillon, assigner les recherches. On travaille à partir d’extractions: liste des mandats signés, des offres acceptées et des compromis, par mois.

Cette discipline évite l’éparpillement. Les éléments sur le bénéficiaire effectif des sociétés civiles immobilières acheteuses vont à l’équipe la plus aguerrie, avec rappel des attentes décrites dans notre guide sur la recherche du bénéficiaire effectif d’une SCI acheteuse. Le référent prépare un canevas de réponse, trame du dossier de contrôle DGCCRF.

Première semaine: l’inventaire honnête

Compter les dossiers concernés, pas les mandataires

Beaucoup listent leurs mandataires à jour. Ce n’est pas l’objet: la DGCCRF vérifie des opérations réelles: mandats, mises en vente, offres et contrats. Il faut extraire, pour la période, la liste exhaustive des dossiers par nature d’acte et par mois, colonne vertébrale de l’inventaire.

Chaque dossier est croisé avec la fiche de vigilance et ses pièces: identification, vérification du bénéficiaire effectif pour les personnes morales, consultation du registre des gels d’avoirs, question sur l’origine des fonds, décision motivée, et, le cas échéant, vigilance renforcée. On mesure un taux de complétude réel par mois et par agence.

Séparer ce qui existe, ce qui est incomplet, ce qui manque

Trois piles suffisent. Dans la première, les dossiers complets, avec fiche de vigilance horodatée à l’ouverture et aux jalons clés. Dans la deuxième, les dossiers incomplets où manquent des preuves: consultation gels d’avoirs non tracée, pièce sur le bénéficiaire effectif non archivée, ou absence de décision motivée.

La troisième pile recense les manquements véritables: fiches absentes, classification non appliquée, relances sans suite. Cet inventaire honnête fixe les priorités de la deuxième semaine. Le référent s’appuie sur les obligations LCB FT du titulaire de la carte T et sur le calendrier de l’année du référent anti blanchiment pour ne pas rater un jalon.

Deuxième semaine: compléter sans antidater

La différence entre compléter et falsifier

Arrive la tentation d’antidater. C’est ce qui transforme un manquement en faute grave. Une fiche de vigilance créée a posteriori peut être régularisée à sa date réelle. Un document antidaté décrédibilise le dispositif et peut justifier une transmission.

Le référent rappelle la règle aux managers d’agence et aux mandataires: on complète, on ne trafique pas la chronologie. Les consultations du registre des gels d’avoirs se refont avec horodatage et explication de l’omission initiale. Les pièces relatives au bénéficiaire effectif sont recherchées, notées, et rattachées au dossier avec source et date de vérification.

La note de régularisation, datée du jour

Chaque rattrapage significatif est accompagné d’une note de régularisation. Courte et factuelle, elle indique la nature de l’écart, sa cause, et la mesure corrective engagée: rappel de procédure, modèle de fiche mis à jour, ou paramétrage d’une relance automatique. Datée du jour, elle est jointe au dossier. Elle prouve que le dispositif vit et que l’enseigne apprend.

Cette démarche fournit de la matière au dossier de contrôle DGCCRF. En interne, elle légitime l’outil de supervision et prépare la visite: chacun sait expliquer ce qui a été fait, rattrapé, et ce qui reste à améliorer.

Le jour de la visite: la table, les pièces, les personnes

Qui doit être présent et pourquoi

Le jour dit, le déclarant est présent du début à la fin, le correspondant Tracfin est joignable, et le titulaire de la carte ouvre la séance. Le déclarant explique l’organisation, la classification des risques, la procédure de vigilance renforcée et le traitement des alertes. Le titulaire répond des délégations, de la diffusion des procédures et de la formation continue.

Un jeu complet de pièces est prêt, en double: organisation interne, classification versionnée de l’année en cours, procédures internes, relevé des formations, et export par agent et par période des fiches de vigilance et des preuves de consultation du registre des gels d’avoirs. Les dossiers de l’échantillon sont assemblés avec leurs notes de régularisation le cas échéant.

L’ordre dans lequel présenter le dispositif

L’ordre de présentation compte. On commence par l’organisation: désignation du déclarant et du correspondant, rattachement des agents commerciaux mandataires à la carte T, modalités de conservation pendant cinq ans, et plan de contrôle interne. Puis vient la classification des risques: facteurs clients, opérations, géographie et canaux, avec la politique d’escalade en vigilance renforcée.

Les dossiers opérationnels viennent en dernier pour illustrer l’application des règles. On montre une fiche ouverte dès la prise de mandat, la vérification du bénéficiaire effectif pour une société, la consultation des listes publiques de gel, la question sur l’origine des fonds, la décision motivée, et la trace d’une éventuelle déclaration de soupçon, sans en exposer le contenu. L’export, produit en un fichier, aide à garder le fil.

Les suites: observations, injonction, transmission

Le procès-verbal et le délai de réponse

À l’issue de la visite, les agents dressent un procès-verbal. Il peut comporter des observations, des demandes de compléments, ou relever des manquements précis. Un délai est fixé pour répondre et produire les pièces manquantes. Ce temps sert à clore les rattrapages, former les nouveaux entrants, et verrouiller l’archivage pour la période contrôlée.

Le référent centralise les réponses, justifie les choix documentaires, et démontre que le dispositif est effectivement mis en œuvre. Le rappel du cadre légal est utile, sans insister: article L. 561-36 du code monétaire et financier pour les autorités de contrôle des professionnels de l’immobilier, et compétence de la Commission nationale des sanctions en cas de transmission.

Ce qui déclenche une transmission à la commission nationale

La transmission à la Commission nationale des sanctions intervient notamment lorsque des manquements significatifs restent non corrigés, lorsque les procédures internes sont inexistantes ou inopérantes, ou lorsque la traçabilité est inconsistante sur la période. Des décisions peuvent être publiées, ce qui pèse sur la relation avec les établissements bancaires partenaires, les notaires et les grands donneurs d’ordre.

Dans la majorité des situations, une injonction de mise en conformité est d’abord prononcée, avec des délais réalistes et la demande de preuves de mise en œuvre. Un dispositif supervisé, outillé, et régulièrement révisé convainc mieux que des déclarations d’intention. Le réseau démontre surtout sa capacité à tenir la vigilance renforcée sur les cas à risque élevé.

Ce que ce réseau a changé dans les trois mois

Le retour d’expérience a produit cinq décisions concrètes. D’abord, ouverture systématique d’une fiche de vigilance dès la prise de mandat, pas à la signature du compromis. Ensuite, relance automatique des retards avec escalade au référent si la complétude n’avance pas. Troisièmement, arbitrage systématique des dossiers en vigilance renforcée par le déclarant, avec trace d’avis et décision.

Quatrièmement, révision datée de la classification des risques, versionnée chaque année et diffusée aux mandataires avec accusé. Cinquièmement, export mensuel archivé, par agent et par agence, du dossier de contrôle, incluant preuves horodatées des consultations du registre des gels d’avoirs et attestations de formation de la loi Hoguet. Ces gestes s’adossent à la console de supervision réseau, qui présente la complétude par agent, par agence et par mois, et sort le dossier du réseau en un fichier.

Le référent a choisi de piloter ces gestes avec la supervision réseau dans Vigilaria. Vous y voyez en temps réel quels mandataires sont à jour, vous relancez les retardataires, vous arbitrez les dossiers soumis en vigilance renforcée, et vous archivez les exports mensuels. Le suivi des attestations de formation continue complète la vue d’ensemble, utile lors du renouvellement de la carte.

Synthèse: un contrôle vécu, un dispositif qui vit

Ce contrôle a validé une évidence: dans un réseau de mandataires, la clé est de piloter des opérations, pas des impressions. L’inventaire honnête, les régularisations datées du jour, l’ordre de présentation et la capacité à sortir un export par agent et par période font la différence. La référence aux textes, article L. 561-36 pour les autorités et la Commission nationale des sanctions, article L. 561-12 pour la conservation cinq ans, cadre le discours sans dramatiser.

En pratique, l’enseigne a transformé l’épreuve en méthode durable: fiche dès le mandat, relances automatiques, arbitrage des renforcées, classification révisée, export mensuel archivé. C’est exactement ce que permet la console de supervision réseau, du suivi de la complétude aux preuves horodatées des gels d’avoirs, jusqu’au dossier de contrôle DGCCRF en un fichier. La vigilance n’est plus une case, c’est un pilotage continu.

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